Courrier des élu⋅es du CA au président de l’ENS

Les élu⋅es (enseignant⋅es-chercheur⋅euses, personnels BIATSS, étudiant⋅es) du Conseil d’administration de l’ENS ont adressé aujourd’hui au président Jean-François Pinton « un message exprimant nos très vives inquiétudes quant aux annonces de reprise tardive, et notre demande de les relayer auprès du ministère ». En voici le texte :


Nous, élu·es du conseil d’administration de l’ENS de Lyon, nous étonnons des modalités de prise de décision qui ont mené à l’annonce du Président de la République au sujet de l’accueil des étudiant·es dans les universités. Nous nous joignons aux préoccupations des directrices et directeurs de département de l’ENS de Lyon, exprimées dans un courrier envoyé au président le 26 novembre 2020, concernant l’annonce d’une réouverture tardive des universités, qui aurait lieu après le début du 2e semestre, soit au mieux quinze jours après le début des nouveaux enseignements. De nombreux·ses chef·fes d’établissement et membres de la communauté universitaire ont déjà exprimé leur incompréhension vis-à-vis de cette date qui apparaît comme arbitraire.

Les inquiétudes face à cette décision gouvernementale sont accrues par le bilan effectué par le service médical lors du CHSCT du 26 novembre, témoignant du très fort impact du confinement sur la santé psychique des étudiant·es. Nombre de troubles pré-existants sont aggravés, et l’exposition aux risques psycho-sociaux est en cette période extrêmement importante. La non-réouverture des universités est perçue comme une mesure injuste et ignorante des enjeux de formation et de recherche, alors même que de nombreux efforts ont été faits à l’automne pour respecter les protocoles sanitaires. Et ce d’autant plus que d’ici février l’essentiel de la vie économique du pays aura repris, des établissements du secondaire et CPGE qui sont restés ouverts aux commerces les plus inessentiels.

Toutefois, nous avons conscience que la réouverture ne peut pas se faire à n’importe quelle condition. Nous appelons donc, pour assurer ce retour en présentiel dès le mois de janvier dans de bonnes conditions tout en réfléchissant à un dispositif qui soit résilient et pertinent sur le long terme, à ce que des moyens supplémentaires soient accordés aux établissements d’enseignement supérieur pour :  

  • doter les étudiant·es, les enseignantes et les personnels en matériel informatique pour l’éventualité du télétravail, et notamment les personnes dites vulnérables ou ne souhaitant pas revenir immédiatement sur site ;
  • équiper les membres de la communauté universitaire en moyens de protection de bonne qualité ;
  • permettre une désinfection efficace des locaux, avec par exemple la mise en place de purificateurs d’air, et investir pour améliorer la ventilation des locaux collectifs ;
  • prévoir des actions, réunions et séminaires de sensibilisation avec des intervenant·es du secteur de la santé et de la virologie, en favorisant les échanges directs et la participation des étudiant·es et personnels de l’Ecole ;
  • être en capacité de mener des campagnes de dépistage rapides chez les personnels et les étudiant·es ;
  • donner ainsi les moyens de respecter les gestes barrière sans que ceux-ci soient perçus comme relevant exclusivement de la responsabilité individuelle.

Il est important qu’un retour en présentiel ait lieu le plus vite possible, au minimum pour la reprise d’un lien social durement affecté par la pandémie, ce qui a de sévères conséquences sur chacun·e. Cela doit se prévoir et préparer dès aujourd’hui.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *